Comment organiser une battue, étape par étape
Une battue se joue en grande partie la veille au soir. Voici l'ordre dans lequel un responsable prépare sa journée, et les points où l'on perd le plus de temps.
1. Savoir qui vient
Tout part de là. Le nombre de présents détermine le nombre de traques que vous pourrez tenir, le nombre de postes à garnir, et le nombre de voitures nécessaires. Un placement préparé pour dix-huit chasseurs qui n'en voit arriver que douze se refait entièrement au rendez-vous, dans le froid et devant tout le monde.
Recueillez les réponses avant la veille au soir. Notez aussi les invités : ils comptent dans les effectifs, mais ils ne connaissent ni le territoire ni vos habitudes, ce qui pèse sur le choix de leur poste.
2. Découper le territoire en traques
Ce travail ne se fait qu'une fois. Chaque traque a son contour, ses postes numérotés, ses points de dépose le long des chemins, et son point de départ pour les rabatteurs. Une fois posé, cela ressert toutes les saisons.
Prenez le temps de numéroter les postes dans un ordre qui suit le terrain, ligne par ligne. Le jour de la battue, quand il faut dire « prends le 14 », il vaut mieux que le 14 soit à côté du 13.
3. Attribuer les postes
C'est l'étape la plus délicate, et celle qui demande le plus d'attention. Trois contraintes se croisent :
- L'arme. Un poste ouvert sur une longue portée n'accepte pas la même arme qu'un poste au fond d'un layon.
- La mobilité. Un chasseur âgé, en fauteuil ou marchant avec une canne a besoin d'un poste accessible en voiture ou à quelques mètres du chemin.
- L'expérience. Un invité qui découvre le territoire ne se met pas sur le poste le plus délicat de la ligne.
Ce sujet mérite à lui seul un développement : voyez attribuer les postes de battue.
4. Désigner les chefs de ligne
Chaque ligne de postes a son responsable. C'est lui qui installe ses hommes, vérifie qu'ils se voient entre eux, rappelle les limites de tir, et donne le signal de fin. Sur un territoire habituel, ce sont souvent les mêmes qui prennent les mêmes lignes d'une année sur l'autre.
Désignez-les avant de partir, pas au rond. Un chef de ligne qui découvre sa ligne en arrivant ne peut pas la placer correctement.
5. Organiser les voitures
C'est le point que tout le monde sous-estime. Vingt chasseurs à répartir sur quatre points de dépose, avec ceux qui ont un 4×4 et ceux qui viennent en berline, cela se règle rarement bien à la voix, au milieu du bruit des chiens.
Le principe qui fonctionne est simple : partez du point de dépose, pas de la voiture. Regroupez ceux qui descendent au même endroit, puis regardez qui, parmi eux, peut conduire. Une voiture qui dépose cinq hommes au même carrefour fait un aller ; cinq voitures qui déposent chacune un homme en font cinq.
Le point qu'on oublie toujours : celui qui est déposé n'est pas forcément récupéré au même endroit. Prévoyez le point de rendez-vous de fin de traque en même temps que la dépose, et dites-le avant de partir.
6. Transmettre à chacun ce qui le concerne
Un chasseur n'a pas besoin de tout le plan de la journée. Il a besoin de quatre choses : son poste, comment y aller, ce qu'il peut tirer, et qui est son chef de ligne. Tout le reste est du bruit.
La liste envoyée dans le groupe, où chacun cherche son nom parmi vingt lignes, fonctionne mais coûte du temps au rendez-vous. Voyez comment envoyer les postes aux chasseurs.
7. Le rendez-vous et les consignes
C'est le moment réglementaire de la journée. Les participants émargent, les consignes de sécurité sont données à tous, les attributions sont annoncées, et les rôles sont rappelés — qui est chef de ligne, qui est piqueur, qui est posté.
Les règles précises applicables chez vous — angles de sécurité, distances aux routes, port du gilet, obligations du directeur de battue — figurent dans le schéma départemental de gestion cynégétique de votre département et dans les arrêtés préfectoraux. Ce sont eux qui font foi, et ils diffèrent d'un département à l'autre.
8. Après la battue
Le carnet se remplit à ce moment-là, tant que les souvenirs sont frais : les animaux prélevés, les balles tirées, les observations. Et surtout, les animaux blessés qui n'ont pas été retrouvés.
Dans ce dernier cas, faites appel à un conducteur de chien de sang agréé le plus tôt possible après le coup de feu. Marquez le départ de la piste, laissez les indices en place et ne la faites pas suivre par d'autres chiens. Les conducteurs agréés interviennent gratuitement.
Carnet de Chasse reprend cette méthode dans l'ordre : les présents, les postes, les chefs de ligne, les voitures, puis un lien à envoyer où chacun retrouve ce qui le concerne.