Attribuer les postes de battue
Placer vingt chasseurs sur vingt postes n'est pas un problème de comptage. Trois contraintes se croisent, et deux d'entre elles ne se rattrapent pas une fois sur le terrain.
Commencer par les contraintes, pas par les noms
L'erreur la plus fréquente consiste à partir de la liste des présents et à remplir dans l'ordre. On se retrouve à la fin avec le dernier poste libre, celui qui demande de marcher trois cents mètres dans la pente, et le seul chasseur non placé est celui qui marche avec une canne.
La bonne façon est l'inverse : traitez d'abord ceux qui n'ont qu'une solution, puis ceux qui en ont quelques-unes, puis les autres. Concrètement, dans cet ordre :
- Les chasseurs en fauteuil ou à mobilité très réduite, qui n'ont que deux ou trois postes possibles.
- Ceux qui marchent difficilement, à qui il faut un poste proche d'un chemin.
- Ceux dont l'arme limite le choix.
- Tous les autres.
La question de l'arme
Un poste n'accepte pas n'importe quelle arme, et cela dépend entièrement de ce qu'il y a en face : un fond de vallée dégagé, une route à trois cents mètres, une habitation derrière la crête.
La règle qui se retient facilement : une arme à canon lisse convient partout où une carabine convient, l'inverse n'est pas vrai. Un poste réservé au tir à courte portée ne doit pas recevoir une arme dont la balle porte à un kilomètre. En revanche, placer un fusil sur un poste ouvert ne crée aucun danger — cela crée seulement des occasions manquées.
Notez cette contrainte sur le poste lui-même, une fois pour toutes, plutôt que de la retenir de tête chaque saison.
La mobilité
C'est le sujet qu'on traite mal parce qu'il est gênant à aborder. Un chasseur qui ne peut plus marcher n'ira pas le dire à la cantonade au rendez-vous. Il ira au poste qu'on lui donne, et il souffrira en silence, ou il renoncera à venir.
Marquez les postes accessibles en voiture, et ceux qui restent atteignables avec une canne. L'information se pose une fois sur le territoire et sert à chaque battue, sans qu'il faille reposer la question à personne.
Un cas à ne pas oublier : l'accessibilité vaut aussi pour le retour. Un poste où l'on descend facilement peut être une épreuve à remonter en fin de traque, surtout avec une bête à traîner.
Quand il manque du monde
Certains jours, vous avez douze chasseurs pour vingt postes. Il faut alors choisir lesquels garnir, et ce choix n'est pas anodin : ce sont les postes qui tiennent les coulées et ceux qui ferment les côtés de la traque qui comptent, pas ceux du milieu de ligne.
Classez vos postes par ordre d'importance une fois pour toutes, du plus indispensable au simple complément. Le jour où l'effectif manque, la question est déjà tranchée et vous ne discutez pas au rond.
Les invités
Un invité ne connaît ni le territoire, ni vos habitudes, ni ce qu'il y a derrière la haie. Deux principes valent la peine :
- Ne le mettez pas en bout de ligne ni sur le poste le plus délicat, quelle que soit son expérience ailleurs.
- Placez-le près d'un habitué qui pourra l'installer et lui montrer ses limites de tir.
Ce qui se vérifie avant de partir
Une fois la répartition faite, trois relectures évitent l'essentiel des problèmes :
- Chaque chasseur est-il sur une seule traque à la fois ?
- Chaque poste occupé a-t-il un chef de ligne identifié ?
- Les chasseurs qui ont besoin d'être déposés en voiture ont-ils une place dans une voiture ?
La troisième est celle qu'on oublie, et c'est celle qui se voit le plus au rendez-vous.
Et la réglementation ?
Les règles de sécurité applicables au placement — angles de tir, distances aux routes et aux habitations, port du gilet, obligations du directeur de battue — sont fixées par le schéma départemental de gestion cynégétique et par les arrêtés préfectoraux. Elles varient d'un département à l'autre. Ce sont ces textes qui font foi, et votre fédération départementale est la source à consulter.
Carnet de Chasse retient l'arme et l'accessibilité de chaque poste, la mobilité et l'arme de chaque chasseur, puis propose une répartition qui respecte ces contraintes. Vous corrigez ce que vous voulez : la proposition n'est qu'un point de départ.